Il y a des jours, qu'ils soient bêtes ou non, les envies de lectures ont plus tendance à aller vers des petits réconforts que des grands épanouissements intellectuels. Quoique les deux peuvent aller de paire. Mais vous savez c'est petits livres qu'on aime bien avoir chez soi pour les re, re, re, regarder à nouveau. Nos fétiches quoi. Généralement quand on évolue dans le milieu du livre, on en a plein, c'est pourquoi aujourd'hui on se contentera d'évoluer en milieu aquatique.

 Sans transition donc, une maison d'édition chouchoute et des auteurs tout aussi chouchou :

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Les jours bêtes, Delphine Perret, 2004

  Les jours bêtes, d'abord, parce que le concept du livre à poster c'est quand même trop chouette! Un tout petit format sur du rouge tirant sur le framboise, un petit chat au feutre fin, un rabat et un espace pour mettre l'adresse et le timbre! Alors moi, j'ai pas osé le mettre à la Poste car l'exemplaire que je voulais offrir était joliment dédicacé par Delphine Perret, ça aurait été trop dommage qu'il se perde! ou pire qu'il soit dérobé pour être revendu sur Ebay! Passé l'attrait physique de ce petit ouvrage, son contenu est tout aussi mignon. Enumérations de ces jours bêtes avec de courtes phrases comme "il y a ces jours où on a envie de baisser les bras", "où socialement on sent bien que ça ne va pas" associées à des illustrations d'animaux en situation. Le trait est fin, poétique et surtout mignon. Heureusement à la fin, ça finit bien. Un remonte moral à poster!

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Le peuple des sardines, Delphine Perret, 2004

 Sorti également en 2004, Le peuple des sardines qui se veut encore original quant à sa forme. Ici, toujours un petit format mais avec une couverture dure et cartonnée qui se glisse dans un petit étui aux allures d'emballage alimentaire : date de péremption et conseils de consommation se retrouvent au dos. Le ton est donné, on va bien rigoler avec ce conte des origines qui nous raconte l'histoire des sardines qui jadis poussaient dans les arbres. Si, si dans des boîtes justement mais à cause de l'intrépidité et de l'inconscience de Maurice, le destin de ces petits poissons va changer... Je vous dis pas comment, là est tout l'intérêt de cette courte histoire qui réussit à porter un regard moqueur sur notre société tout en étant très drôle. Les illustrations gardent ce trait fin caractéristique de Delphine Perret et propose une palette limitée comme sur la couverture : bleu, vert et blanc pour symboliser la mer et la terre. Bref, le résultat est très réussi! Et puis quand même, il était temps de lever le voile sur ce dossier sardine.

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Trois sardines sur un banc, Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo, 2008

 Je sais pas ce qu'ils ont tous avec les sardines, mais ma foi, c'est une bonne idée de remettre ces petits aquarius au goût du jour. Cette fois-ci, même format que pour Le peuple des sardines mais l'histoire est tout autre pour le célèbre tandem Escoffier/Di Giacomo. Scène classique : un banc, trois (Non! pas trois mémés!) sardines un peu aigries qui aimeraient bien voir du pays. Elles partent donc dans des descriptions fantaisistes sur l'Ailleurs ce qui laisse libre cours à la créativité de Kris Di Giacomo qui produit des collages parfois un peu étrange mais toujours très vintage, ce qui donne beaucoup de charme à l'ensemble. La fin permet de faire une folle petite aparté sur les fous, c'est donc un peu déjanté, juste ce qu'il fallait.

 Voilà, voilà, c'était très enthousiasme mais j'avais prévenu c'est des chouchous qui boostent quand certaines pages sont trop lourdes à tourner. Notamment celles des pavés de nos PAL. Et vous, c'est quoi vos petits livres en chocolat, ceux que vous savourez le soir délicieusement lové dans votre fauteuil favori ?