Sorti l'an passé pour l'année du centenaire de la naissance de Camus, ce roman graphique propose une version fidèle et lumineuse de l'Etranger, récit mettant en scène un homme insensible et indifférent au monde qui l'entoure.

CAMUS

 

L'étranger, Jacques Ferrandez d'après l'oeuvre d'Albert Camus, Fétiche chez Gallimard, Avril 2013

"Aujourd'hui, maman est morte". Célèbre incipit de l'histoire de Mersault, un jeune homme vivant à Alger, qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère. Lors d'une après-midi à la plage, il va tuer un homme sans réellement le vouloir et sera condamné à mort.

"Dans le fond, je n'ignore pas que mourir à 30 ans ou à 70 ans importe peu puisque, naturellement, dans les deux cas, d'autres hommes et d'autres femmes vivront, et cela pendant des milliers d'années."

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 Jacques Ferrandez nous emmène facilement en Algérie, pays cher à son coeur et arrive à retranscrire l'atmosphère moite de la ville dans laquelle évolue son personnage. Le texte de Camus est ici magnifié par les scènes d'aquarelles lumineuses qui servent de fond aux cases crayonnées. L'auteur s'est focalisé sur les dialogues qu'il a fidélement respecté pour nous offrir un portrait de Meursault saisissant : un homme qui ne croit ni en Dieu, ni en l'amour, ni en la vie. Un homme qui est là par hasard et s'en contente car on s'habitue à tout. Une adaption très réussie en forme de bel hommage pour saisir l'absurde qui n'a cessé de traverser l'oeuvre de Camus.