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Batifolire, tribulations en zone littéraire
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27 mars 2011

Le dévastateur

  Lire, c’est parfois faire des expériences inédites. C’est en partie pour cela que j’affectionne tout particulièrement la collection Exprim’ chez Sarbacane qui nous balance souvent en pleine face des bouquins qui n’ont pas vraiment d’équivalent pour l’instant. Nouvel exemple aujourd’hui  (mars 2011) avec le dernier roman de Rolland Auda, Le dévastateur.

 Rolland Auda gravite autour des milieux de la musique, de la philosophie, de l’écriture, du cinéma. Il voyage, l’Equateur, l’Algérie et sort en 2008 son premier roman Gringo Shaman que je lis sous peu et que je chronique tout bientôt. Il fait d'ailleurs des ateliers d'écriture qui m'ont l'air bien intéressants sur la distorsion de la langue et le détournement des références.  Aujourd’hui, il nous offre son dévastateur et mieux vaut prévenir que guérir : accrochez-vous !

 

Alors, je vais essayer de vous en parler en vous disant que c’est compliqué parce qu’à l’image de la BO, le roman c’est le bordel dedans ! Vous connaissez les films de Kusturica*, la fanfare qui part dans tous les sens, l’atmosphère mafia du Temps des Gitans, tout ça, tout ça ? En tout cas, c’est l’impression que j’ai. Bin’s de l’histoire, du langage et de la mise en page aussi (notes, coupures de presses, planches BD) éclectisme quand tu nous tiens !

Mais au fait, ça parle de quoi?

 161959_181443841873675_173790_nOn est au 21ème siècle « c’est-à-dire n’importe quand », dans le sud de la France « c’est-à-dire n’importe où » et on rencontre Diego, 12 ans « qui vit dans la rue et t’emmerde » et sa joyeuse bande d’arnaqueurs. Ils vivent à la Faute et vivent de petits trafics. Leur particularité ? Ils parlent le « ouinche ». Quoi, vous connaissez pas, tovariches ? C’est un mélange (ou encore une fois un joyeux bordel !) d’argot, de verlan, d’occitan, d’arabe, d’anglais, une langue tout à fait nouvelle et complètement décontractée. Ils sont pris dans une affaire qui les dépasse où se mêlent trafic d’organes, meurtres d’enfants et prise de pouvoir corrompu. En effet les familles Negroponte et De Gonthier de Brian s’unissent dans leur magouille et marient leur progéniture Orson et Rita, un couple digne du cinéma. Tout ce petit monde vit à la Faute. Tiens tiens. Un gros costaud masqué,  Julius alias le dévastateur, décide quant à lui de ramener la Justice dans la bourgarde. Ce petit raffut s'orchestre sous l’œil avisé de Dédé la Françouille, directeur du journal local « le sincère ». Tiens tiens. On rajoute quelques persos Anemia la mystérieuse, Baby Bol alias Ed, le reporter râté, on secoue bien fort et BIMMMMMMM ! des rebondissements en veux-tu en voilà, des bastons, un peu de gore quand même, du suspens, bref un cocktail assez chargé quand même !

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Donc voilà, c’était un peu trop pour moi, j’ai pas toujours suivi ni accroché, faut dire que je suis du genre âme sensible et que certains passages - non, non je vous dirai pas lesquels- m’ont un peu perturbés !

Passé cela, il faut souligner le sens de la formule de l’auteur qui arrive à nous faire découvrir tout d’abord ce nouveau langage, le ouinche, que j’ai A-DO-RE mes enfants ! Au début tu sais pas trop ce qu’ils barjaquent, tu t’en prends plein la bola et  j’ai pas todos compringuer. Mézigue, j’suis pas poüet comac le rouilla Diego donc je vous laisse découvrir le langage qu’il nous tint avec le Mistral Gagnant de Renaud revisité en Ouinche

Découvrez la playlist dévastateur avec The Kinks

 

Allez spassi Rolland Auda, pour le son, les images et les mots et vous, allez lire le bouquin directosse, fissa pointu !

 

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Commentaires
T
Je suis d'accord : super article. Un brin foutraque en effet, mais aussi ogresque, drôlatique et hyper-corsé, à l'image du roman.<br /> <br /> MERCI, tovariche !!!<br /> <br /> Tibo
S
Super chronique, moi j'aime le bazar ! Et tu as sacrément bien intégré le Ouinche, tovariche!<br /> Je suis tout à fait d'accord avec toi sur le "pas besoin de tout comprendre": ça fait partie de l'univers qu'a créé l'auteur, qui est tout de même assez mystérieux... :)
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