Premier roman de Philippe Arnaud, La peau d'un autre nous prend dans son étau du thriller psychologique. Angoissant et émouvant.

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La peau d'un autre, Philippe Arnaud, Exprim' chez Sarbacane, novembre 2012

 Salle de classe d'une école maternelle. Un jeune homme armé prend les enfants et son institutrice en otage. A son mutisme affiché s'oppose le foisonnement de son monologue et de son instrospection qui intervient comme une plongée vers son passé. Que veut-il? Qu'elle passion l'anime-t-il? 

"J'entends la mort / De moi qui sourd / Toujours plus fort / Toujours plus lourd /

Chanter les vers /Dessous ma peau / Lambeaux de chair / Creusés de mots "

 

 Philippe Arnaud s'empare ici d'un fait divers de manière tout à fait originale en privilégiant le huis clos de la situation. Cela donne une immersion en focalisation interne entre les trois principaux protagonistes : le preneur d'otage, l'institutrice et une enfant. Si les victimes essayent de faire face comme elles peuvent à la situation, le bourreau s'enferme dans un travelling arrière et revient sur son histoire. Celle d'un africain déraciné à cause de sa différence, de celui qui n'est pas né avec la bonne couleur de peau. Ces passages sont entrecoupés des noirs poèmes de l'homme qui cache des blessures aussi profondes qu'injustes. Ce personnage rappelle un autre roman de la collection, celui de Flo Jaillier qui disait dans les Déchaînés : "dans le plus terrible des hommes se terre l'enfant mal-aimé". Les noeuds ne se déferont qu'à la dernière page tournée, au dernier souffle expiré.