Batifolire, tribulations en zone littéraire

05 août 2015

Sélection : l'Afrique pour les petits

Voici une sélection d'histoire à lire pour les petits à partir de 3 ans sur le thème de l'Afrique.

9782745909206FSMéli-Mélo, Martine Bourre, 2003, Milan Jeunesse

Pour commencer à voyager en Afrique, un joli album graphique et poétique sur les habitants et leurs occupations ainsi que sur les animaux.

Martine Bourre utilise la technique du papier découpé pour faire apparaitre les personnages sur fond de motifs africains.

Si vous aimez la série, retrouvez Méli-mélo en Chine, à la ferme, chez les Indiens ou au pays des kanganrous.

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Cache cache dans la jungle, Gondek, 2002 Milan

Un album interactif pour les tout-petits, qui n'est plus édité malheureusement mais qui permet par le biais de devinettes de découvrir différents animaux et leurs modes de vie.

 

51+hqe99iVLLa balade de l'éléphant, Hirotaka Nakano, 2010, Autrement jeunesse

A la manière d'un conte de randonnée comme le bateau de Monsieur Zouglouglou, une histoire joliment illustrée par le japonais Nakano : Elfie l'éléphant se ballade avec ses amis Hippo et Croco jusqu'à la chute aquatique. Un album drôle pour retrouver les animaux d'Afrique.

 

 

 

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Plein soleil, Antoine Guillopé, 2011, Gautier Languereau

Les illustrations magnifiques d'Antoine Guillopé ajoutées à la finesse du papier découpé qui ont fait sa rénommée. Un joli voyage dans la savane.

 

 

9782211056946FSRafara, un conte populaire africain illustré par Anne-Catherine de Boel, 2000, Ecole des Loisirs

Un conte, un peu plus long, pour entrer dans le folklore africain : Rafara, jalousée par des deux grandes soeurs est abandonnée dans la forêt et capturée par l'affreux géant Trimobe. Grâce à l'aide d'une souris, elle s'échappe au détour de quelques péripéties.

Les illustrations à dominante terre, ocre et chocolat sont ponctuées de couleurs et subliment ce conte traditionnel qui marche à tous les coups!

 

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Ah les crocodiles !

Et pour terminer en musique, la comptine "ah les crocodiles" que l'on trouve soit chez Didier soit chez Casterman (mais épuisés) ou édité récemment chez Rue du Monde.

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16 février 2015

La boîte

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La boîte, Anne-Gaëlle Balpe, Exprim' chez Sarbacane, février 2015

Malt, la vingtaine, passe ses journées les fesses posées sur un kiosque en matant l'horizon d'avenir qui va pas bien loin. Sa ville Edens ne respire pas la joie de vivre et ses perspectives oscillent entre manger une pizza avec sa petite amie Jen ou boire des bières avec son pote Jonas. Un jour, abandonnée sur le banc, il trouve une boîte en métal. Elle contient de l'argent et une promesse d'en avoir encore plus en échange d'un service...

"Les paroles chuchotées, les souvenirs racontés encore et encore, jusqu'à extinction des feux, les pardons et les secrets révélés, tout ça, c'est bon pour Hollywood. La plupart du temps, on ne trouve pas les mots et on attend. Et quand c'est fini, on regrette de n'avoir rien osé dire. C'est tout."

L'intrigue prend place dans des villes aux noms évocateurs : Edens, Concorde et Antrace. Le monde imaginaire que l'auteur construit, parfois très américain, donne une ambiance particulière à son récit, très cinématographique. Alliant à cela une maîtrise du suspense et une construction intéressante, Anne-Gaëlle Balpe signe ici un bon thriller original qui tient en haleine jusqu'à la fin. 

 

Marque de fabrique de la collection Exprim', la bande son proposée par l'auteur qui accompagne son écriture et notre lecture : à écouter ici !

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06 octobre 2014

On est pas là pour se faire baratiner #6 Philippe Arnaud

Le mois dernier est sorti le second roman de Philippe Arnaud, Indomptables, qui retrace les parcours de jeunes plein de courage et de vie du Cameroun à la France. Un texte très fort qui donne envie d'en savoir plus... 

Merci à Philippe Arnaud pour ces échanges et à son éditeur Tibo Bérard qui n'est jamais bien loin !

 

Le roman s'ouvre sur un texte explicatif qui présente brièvement des ethnies du Cameroun ainsi qu'une tradition culturelle au moment des adieux, qui veut que l'on se dise "on est ensemble", même si l'on se sépare pour un moment. Nous sommes donc, d'emblée, ancrés dans un contexte qui nous plonge dans la réalité camerounaise.

Je ne sais pas si je parlerais de "tradition culturelle", peut-être, en tout cas c'est typique de la façon qu'ont les camerounais (et les africains plus généralement) de s'approprier le français, de se forger leurs expressions et leurs connotations.
Ce contexte là s'est imposé à moi quand j'ai commencé mes rêvasseries sur un second roman. J'ai vécu deux ans au Cameroun il y a 25 ans, ma belle-famille est camerounaise; j'ai vu comment ce pays, qui m'a apporté plus que je ne peux dire, évoluait au fil des années, la souffrance grandissante des gens, leur courage au quotidien. Mon inspiration jusqu'à présent c'est l'Afrique, et mon moteur, dans l'écriture, c'est la colère (Lampedusa ici...).
Pour être complet dans une réponse que je sens confuse, mon personnage de Jean-Jules, je l'ai imaginé en réaction à mon "Pigment" de "La peau d'un autre". J'ai rêvé tout le contraire, un garçon plein d'énergie, de volonté, prêt à renverser les montagnes. Je voulais aussi parler de couple mixte, de rencontre...

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Indomptables, septembre 2014, Exprim' chez Sarbacane
C'est vrai que l'on retrouve dans ce roman des similitudes avec le premier, La peau d'un autre. Les deux personnages principaux sont des africains et vous vous emparez d'événements médiatiques (folie meurtrière dans les établissements scolaires, immigration clandestine tragique vers Lampedusa) pour construire vos intrigues. Justement quelle est la part de réel dans vos romans?
Ce personnage de Jean-Jules porte le même nom que l'une des personnes à qui est dédiée le livre. Comment nomme-t-on ses personnages?
Je ne m'empare pas d'événements médiatiques parce qu'ils sont médiatiques, mais parce qu'ils me font réagir et déclenchent quelque chose. Parfois ça mûrit très longtemps (20 ans pour le premier!), parfois plus vite (un an pour le deuxième, et l'idée du -peut-être- troisième m'est venue en quelques jours, consécutivement à une grosse colère -encore- face à d'anciennes déclarations d'un économiste américain conseiller de Clinton puis Obama).
La part de réel...bonne question...Dans le premier le fait divers de la maternelle de Neuilly, ou plus précisément ma réaction à ce fait divers, ne sont qu'un point de départ. Pour le reste, parler de l'apport de la réalité dans ce roman là reviendrait à évoquer sa dimension autobiographique, ce qui n'a pas d'intérêt. Pour le second, la réalité a servi de nourriture à mes rêveries. La famille de Jean-Jules est inspirée par ma belle-famille, mais de façon diffuse, sauf sa grand-mère (qui est celle de ma femme telle que je l'ai connue avant son décès).
Jean-Jules est le prénom d'un élève que j'avais au Cameroun, qui s'est tué  en tombant du manguier. Sa mère m'a dit "Je ne comprends pas pourquoi il est reparti au manguier, alors que la nuit tombait. Il n'avait jamais fait ça". Effectivement j'imaginais mal cet élève doux, mûr, calme, intelligent, commettre une telle imprudence. Cette phrase ne m'a plus quitté, m'a un peu hanté, avec les questions qu'elle soulève, depuis plus de vingt ans. Mon personnage n'est pas cet élève; mais lui donner le prénom "Jean-Jules", c'est un peu ce côté orphique que j'associe à l'écriture. Mohamadou est le prénom d'un autre élève camerounais, qui était devenu un ami; un intellectuel musulman chaleureux et intelligent, soucieux d'échanges, de dialogue inter-religieux, d'une grande tolérance. Pour le reste, les prénoms, je les trouve assez vite, ça "fait clic", ça colle au personnage -pour moi-, mais je ne sais pas pourquoi.

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La peau d'un autre, novembre 2012, Exprim' chez Sarbacane
On retrouve d'ailleurs une autre référence explicite au Cameroun dès le départ avec le choix du titre du roman, Indomptables...
En 1990, j'étais là-bas, au milieu de mes deux années, quand le Cameroun est arrivé en quart de finale de la Coupe de monde. C'était juste incroyable, inouï, la joie et la fierté collective des gens. La phrase qui revenait en boucle était "Maintenant le monde entier saura où se trouve le Cameroun". Et je connais tant de lionnes et de lions dans ce pays là...
En parlant de lionne, il y en a une dans le roman, bien que non originaire du Cameroun... On retrouve dans le personnage d'Olivia une révolte, une rage qui s'assagit un peu lorsqu'elle grandit puisque comme pour Jean-Jules on la suit de l'enfance aux prémices de sa vie d'adulte.
Oui. C'est un personnage qui agace certains lecteurs, en tout cas à l'enfance et l'adolescence. Son côté Antigone punk sans doute... Elle n'est semble-t-il pas facile à aimer. Mais, pour moi, c'est une survivante, une résiliente, selon le mot à la mode. Elle arrive à triompher de ses démons. Son agressivité, ses jugements péremptoires, sont l'envers d'une souffrance qui aurait pu la tuer. Dans mon premier roman, Anna est un peu comme ça avec sa mère. J'aime beaucoup l'idée qu'Olivia soit, précisément, indomptable, qu'elle refuse l'usure de l'existence, les concessions et les frontières.
Oui, elle apporte un contre-poids intéressant à l'histoire de Jean-Jules avec ses révoltes occidentales, mais par petites touches puisqu'elle est nettement moins présente que les autres personnages.
Il ne nous  reste donc plus qu'à attendre alors un éventuel prochain roman teinté de révolte nord américaine?
Ouh là, sur l'éventuel prochain roman je ne dirai rien de plus, ce serait très prématuré. D'ailleurs il devrait peut-être bien y avoir un Pépix avant à l'automne 2015.
A suivre...

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22 septembre 2014

Indomptables

 On avait découvert Philippe Arnaud fin 2012 avec son premier roman "La peau d'un autre" qui présentait un huis clos angoissant.  Même si l'enfance et l'Afrique étaient déjà présents dans son premier opus, on change de registre ici pour l'air épicé et la chaleur du Cameroun, à la rencontre de deux jeunes garçons intrépides et surtout indomptables...

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Indomptables, Philippe Arnaud, septembre 2014, Exprim' chez Sarbacane

 Jean-Jules et Mohamadou grandissent ensemble au Cameroun entre jeux d'enfants insouciants et adolescence désenchantée dans l'espoir d'un avenir meilleur. Olivia se démène seule contre ses démons dans son pays, la France. Leurs histoires et celle de leur rencontre sera aussi celle de Mohamed, leur fils et de ses racines.

"Pourvu qu'on ne devienne pas comme eux, Jean-Jules. Ils se compliquent trop la vie. Ils s'inventent des cages et se mettent dedans."

"Par réflexe il lui a saisi la main, et se relevant a vu les longs cheveux noirs et la peau si blanche de la jeune femme. Cette image qui ressemble à un souvenir. Il a entendu ses mots, l'a regardé timidement, comme on essaie de jeter l'ancre à une profondeur inconnue. Tous deux sont restés figés.

Et quelque chose en lui s'est assis sur une branche invisible."

 

 Impossible de lâcher ce tryptique qui nous transporte de l'autre côté de l'océan, là où hommes et femmes rêvent d'un avenir meilleur au risque de perdre leurs vies sur des radeaux de fortune. Car si on connait Lampedusa, île au large de la Sicile, plus pour son nom dans les gros titres que pour son village pittoresque, on ne connait pas les visages et destinées de ses milliers d'anonymes qui débarquent chaque année sur ses côtes. Philippe Arnaud leur donne un nom et une histoire teintée de sagesse africaine et  de dure réalité économique qui pousse les populations au pire. Après avoir évoqué, en 2012, les folies meurtières dans les établissements scolaires, il continue sur sa lancée de témoignage de fiction des faits divers de nos sociétés contemporaines. Indomptables est un très beau roman traversé de beaucoup d'amour. Très beau roman sur l'enfance, l'amitié et les liens unissant les membres d'une même famille, sur ce qui nous relie quand "on est ensemble". Très beau roman, vraiment, à la manière de son titre, son sous-titre et son épilogue !

 

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16 septembre 2014

La gueule du loup

 Après le très remarqué et primé « Frangine », Marion Brunet fait sa rentrée avec ce second titre « La gueule du loup » qui nous amène dans la tiédeur de la forêt malgache pour un roman d'apprentissage sur fond de thriller.

 

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La gueule du loup, Marion Brunet, Exprim' chez Sarbacane, août 2014

 Lou et Mathilde, deux amies d'enfance, décident après leur bac de s'offrir un beau voyage et filent direct vers l'île de Madagascar. Entre découvertes aquatiques et visites citadines, l'aventure va prendre un tournant radical lorsqu'elles rencontrent Fanja une jeune prostituée.

 "Son imagination lui souffle des bouts de poèmes exaltés. Sa mère le lui répète assez souvent, pourtant : de la demi-mesure en toute chose, Mathilde ! Et puis quoi encore ? Un demi-bonheur ? Des demi-amis ? Et pourquoi pas une demi-vie tant qu’on y est ?"

 Les voyages forment la jeunesse...  Quel plaisir de retrouver Marion Brunet ! On renoue avec la même fraîcheur que dans son premier roman et cette plume si légère qui fait que le livre s'engloutit en un rien de temps. L'écriture est fluide, les personnages bien croqués et l'intrigue bien ficelée. C'est un curieux mélange de réalisme dans la manière dont sont abordés les personnages et une fiction au suspens rondement menée, le tout dans un décor entre paradis et enfer. Que demander de plus ? Un autre roman peut-être...

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21 avril 2014

L'étranger

 Sorti l'an passé pour l'année du centenaire de la naissance de Camus, ce roman graphique propose une version fidèle et lumineuse de l'Etranger, récit mettant en scène un homme insensible et indifférent au monde qui l'entoure.

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L'étranger, Jacques Ferrandez d'après l'oeuvre d'Albert Camus, Fétiche chez Gallimard, Avril 2013

"Aujourd'hui, maman est morte". Célèbre incipit de l'histoire de Mersault, un jeune homme vivant à Alger, qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère. Lors d'une après-midi à la plage, il va tuer un homme sans réellement le vouloir et sera condamné à mort.

"Dans le fond, je n'ignore pas que mourir à 30 ans ou à 70 ans importe peu puisque, naturellement, dans les deux cas, d'autres hommes et d'autres femmes vivront, et cela pendant des milliers d'années."

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 Jacques Ferrandez nous emmène facilement en Algérie, pays cher à son coeur et arrive à retranscrire l'atmosphère moite de la ville dans laquelle évolue son personnage. Le texte de Camus est ici magnifié par les scènes d'aquarelles lumineuses qui servent de fond aux cases crayonnées. L'auteur s'est focalisé sur les dialogues qu'il a fidélement respecté pour nous offrir un portrait de Meursault saisissant : un homme qui ne croit ni en Dieu, ni en l'amour, ni en la vie. Un homme qui est là par hasard et s'en contente car on s'habitue à tout. Une adaption très réussie en forme de bel hommage pour saisir l'absurde qui n'a cessé de traverser l'oeuvre de Camus. 

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01 avril 2014

Bloc de haine

 Bruno Lonchampt frappe fort avec son premier roman, Bloc de Haine, et nous emmène sur la planète Marseille pour rencontrer un jeune homme amer qui se retrouve en prison à cause de sa colère. Voyage au bout de la haine et du racisme, saisissant de réalisme.

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Bloc de haine, Bruno Lonchampt, Exprim' chez Sarbacane, avril 2014

 Alex a 25 ans, il écope sa peine de prison à la Centrale d'arrêt d'Arles. Il a pris sept ans. Il passe sa rage entre les pompes qu'il enchaîne et ses entrainements de musculation et, depuis peu, sur son nouveau compagnon de cellule, Abid, un "arabe" qui n'est pas vraiment tombé au bon endroit...

"Alors il hurle. La gorge racle, les graves s'emballent et se fondent aux aigus enrayés. Ces sons viennent de loin, très loin. Ils sont pourtant bien humains. Si Julie pouvait l'entendre, elle comprendrait sûrement. Tout est dedans."

 Au lendemain des élections municipales, Bruno Lonchampt nous offre un roman réellement intéressant en nous donnant à voir une partie de l'électorat du front national. Alex est un anti-héros, rempli de haine et de rancoeur envers les étrangers et plus particulièrement les maghrébins. On découvre son histoire en assemblant les pièces du puzzle distribuées lors des flash-back dans les rues de Marseille, une ville qui est dépeinte avec une tendresse particulière.

 De son enfance en famille en passant par sa jeunesse avec les copains, jusqu'à sa rencontre avec Julie, militante au parti FN, l'auteur nous dresse un portrait sans concession et terriblement humain d'un jeune homme complètement perdu, en proie à sa noirceur la plus profonde. A l'étroitesse de la cellule et de l'esprit, s'opposent les mots qui s'imposent, envahissent tout l'espace et la tête du héros. Ces mots qui sont souvenirs et émotions et qui permettent parfois de se libérer de certains carcans.

 Mention toute spéciale à la bande son du roman, excellente, qui nous envoie direct vers la cité phocéenne. Marque de fabrique de la collection Exprim', la bande son permet en début de chaque roman de (re)découvrir des titres appréciés par l'auteur qui l'ont inspiré ou qu'il nous suggère d'écouter avant, pendant ou après la lecture. Ici, elle participe au décor et donne un bon échantillon de la chanson française à texte, rap et slam compris, évidemment !

 

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31 mars 2014

Un petit goût de noisette

 Après la trilogie des Celle que je... et de L'immeuble d'en face, on retrouve avec plaisir Vanyda pour ce one shot coloré à picorer !

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Un petit goût de noisette, Vanyda, janvier 2014, Dargaud

11  histoires qui s'entremêlent : de petites rencontres en grand amour, le monde est petit mais les personnages toujours grands.

Corentin, Eléonore, Azul, Barnabé, Chloé... A la ville, à la campagne, à Barcelone, aux Pays-Bas... Une nuit ou plus, un peu, beaucoup, à la folie !

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"... Mais si ! Un moment parfait, tu sais, c'est un moment suspendu... Un peu entre deux..."

Paul Eluard disait : "Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous". Vanyda nous avait déjà montré avec L'immeuble d'en face qu'elle savait merveilleusement capter ces instants magiques et furtifs. Avec son nouvel opus, elle réitère en utilisant cette fois la couleur : l'aquarelle vient magnifier les paysages qu'elle dépeint pour leur donner de la vie et de la poésie. Elle nous offre ce petit goût de noisette, doux et sucré et nous laisse sur notre faim, tellement que c'est bien !

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24 mars 2014

Come prima

 Meilleur album d'Angoulême cette année, Come prima nous embarque sur les routes avec deux frères que tout oppose pour un retour au pays natal.

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Come prima, Alfred, Mirages chez Delcourt, septembre 2013

 

Juillet 1958. Giovanni vient en France chercher son frère Fabio qu'il n'a pas vu depuis plus de dix ans. Il souhaite que celui-ci rentre en Italie avec lui pour disperser les cendres de leur père. Fabio, distant et belliqueux, ne se laisse convaincre que pour aller récupérer son héritage et prend quand même la route...

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 "J'étais trop pressé. Il y avait sûrement autre chose à inventer mais j'ai pas su. J'étais trop pressé. Je voulais commencer une vie et ne jamais revenir sur mes pas... C'est pour ça que je suis parti sans rien dire. Sans un mot pour personne... J'ai voulu qu'ils me détestent, qu'ils me haïssent, qu'il m'oublient... pour me donner de bonnes raisons de ne jamais pouvoir revenir... de vraies raisons... Je suis un fugueur...

Mais je suis fatigué et je veux rentrer à la maison."

 

 

Road-trip émouvant au coeur des liens du sang. Alfred signe une très belle histoire entre passé et présent avec l'utilisation de deux palettes de couleur différentes pour distinguer les souvenirs du reste. Un album empreint de luminosité qui nous fait voyager dans l'espace et dans le temps.

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03 mars 2014

Comme des images

 Engouement mérité sur la toile et les réseaux sociaux pour ce roman qui aborde justement le sujet de nos nouveaux modes de communication et les effets pervers qu'ils peuvent avoir.

 

 

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 Comme des images, Clémentine Beauvais, Exprim' chez Sarbacane, février 2014

 Léopoldine, quinze ans, est en seconde à Henri IV, un lycée prestigieux, qui au prix d'une extrême exigence, promet à ses élèves un avenir ambitieux. Un matin, alors qu'elle arrive en cours, les regards sont braqués sur elle : une vidéo compromettante a circulé par mail. Commence alors une journée particulière pour l'adolescente et son entourage.

"Et l'autre, Léo, elle n'aurait pas pu me parler de tout ça, au lieu de le murmurer sur l'oreiller à des mecs qui s'en foutaient? On ne peut pas deviner si les gens ne se mettent  pas à dire les choses clairement ! On est pas télépathes. On est pas en communication directe les unes avec les autres. Il faut parler.

C'est infernal, ce silence."

  Comme des images... Sommes-nous que des images? Quelle image donnons-nous de nous-mêmes? Quelle valeur ont désormais les images dans un monde saturé d'informations où le contenu multimédia s'est démocratisé? Les images sont-elles éphémères? Autant de thèmes d'actualité qui ont inspiré l'auteure qui est partie d'un fait divers - le suicide d'un jeune homme suite à la diffusion d'une vidéo sur internet par ses camarades - pour nous conter l'histoire de Léopoldine. Le récit rend compte d'une seule journée en mêlant narration mais aussi ajout d'éléments hybrides : extraits de conversations par sms, facebook, devoirs d'école, etc. Avec une construction très bien ficelée, faite de flash-back, et une maîtrise du suspens assez remarquable, Clémentine Beauvais nous emporte avec elle dans ce roman qui se lit d'une traite.

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